Billet de Josette | Aération Semaine 4

Billet de Josette | Aération Semaine 4

Vive l’été 2020 ! Nous sommes tous motivés, joyeux et déterminés pour organiser nos vacances tant attendues. L’idée même de farnienter, de contempler les beautés offertes par dame nature, d’organiser un apéro dînatoire avec ceux que nous aimons et de nous ressourcer pour attaquer la rentrée nous rend euphoriques. Maintenant, si je vous disais que, dans le cadre de la digitalisation, vous devez réorganiser les archives de votre société ! Je suis persuadée que, subitement, votre belle motivation dégringolerait voire atteindrait le niveau zéro !

D’où nous vient cette motivation ? La première lecture de l’exemple ci-dessus nous renseigne : c’est ce qui nous fait plaisir. A titre personnel, véritable oiseau de nuit, je n’éprouve aucun plaisir à me lever tôt le matin. Ma motivation viendrait-elle d’un ailleurs situé au plus profond de moi ? Quelle est cette autre disposition qui me porte, qui fait que je peux être debout et en pleine forme dès 6 h ?

Sans motivation distincte et exprimable, on abandonne au premier échec quand on cherche à mettre en place notre vision. Personnellement, ma vision est lumineuse et me lever à 6 h me rend heureuse.

Pour bien comprendre, il convient de se référer aux travaux d’Eric Berne sur l’Analyse Transactionnelle. 3 états du moi nous habitent : le Parent, l’Adulte, l’Enfant.

  • Au stade du PARENT, votre question est : que dois-je faire ?
  • Au stade de l’ADULTE, votre question est : que puis-je faire ?
  • Au stade de l’ENFANT, votre question est : qu’ai-je envie de faire ?

Force est de constater que nous sautons allègrement d’un état à un autre état du PAE pour organiser nos vacances. C’est une toute autre histoire pour les archives : «Je n’ai pas envie mais je dois le faire. Cela me casse les pieds mais mon manager veut que je le fasse. Quel pensum la digitalisation de ces archives, il faut que je m’y mette…» !

Nous virevoltons entre l’obligation du Parent et la non envie de l’Enfant. L’Adulte est zappé. S’il prenait la barre, il y a fort à parier que des solutions seraient trouvées !

Analysons rapidement les travaux d’Abraham Maslow et de Frederick Herzberg.

D’après Maslow, nos cinq besoins fondamentaux sont les suivants :

  1. Physiologiques
  2. Sécurité
  3. Appartenance
  4. Reconnaissance
  5. Accomplissement

Pour Herzberg la formule de la motivation est : absence d’insatisfaction + satisfaction

Facteurs d’insatisfaction
liés aux conditions de travail :
Politique salariale
Conditions de travail
Salaire
Système de supervision
Statut
Sécurité du travail
Facteurs de satisfaction relatifs
à l’épanouissement de l’individu :
Réalisation de soi
Evolution de carrière
Autonomie
Responsabilités
Reconnaissance
Intérêt du travail

Maintenant, passons en revue les besoins détectés par Taibi Kahler.

  • Etre reconnu(e) en tant que personne,
  • Besoins sensoriels,
  • Besoins de structuration du temps,
  • Etre reconnu(e) dans le travail,
  • Etre reconnu(e) pour ses convictions,
  • Besoins de contact,
  • Besoins d’excitation, d’événements,
  • Besoin de solitude.

Reprenons l’histoire des archives :

«Je n’ai pas envie (Enfant dans l’AT). C’est le genre de boulot dont tout le monde se fiche et, en plus, cela ne m’intéresse pas (absence de Reconnaissance et d’Accomplissement chez Maslow). Ce n’est pas à moi à faire ce genre de travail (Statut chez Herzberg). Pour couronner le tout je suis débordée, je n’ai pas le temps et vais être toute seule dans mon coin alors que j’ai horreur de ça ! (Absence de structuration du temps et de contact chez Kahler)».

Dur dur de se motiver dans ces conditions ! Pour y parvenir, voici une démarche qui porte ses fruits. Certes, ce n’est pas la panacée mais je suis persuadée qu’elle pourra vous aider à mieux identifier vos motivations personnelles :

Point de progrès

  • Ne demandez pas à la génération Z d’avoir les mêmes motivations qu’un baby-boomer (1). Leurs perceptions sont très différentes.
  • Observez-vous. Intéressez-vous à vous-même. C’est la meilleure façon de découvrir votre propre mode d’emploi.
  • Soyez au clair sur vos réelles motivations : celles qui vous font vibrer, qui vous font vous transcender.
  • Entrez sincèrement en contact avec l’importance de la situation.
  • Faites place au passé puis remettez le passé à sa place. Posez-vous la question : est-ce que j’ai déjà vécu des expériences similaires qui diminuent ma motivation ?
  • Croyez en la faisabilité et, mieux encore, en la réussite crédible de l’action que vous envisagez.
  • Identifiez objectivement l’avantage de faire et le préjudice de ne pas faire.
  • Mesurez les risques et les conséquences de ne pas faire.
  • Une fois le bénéfice identifié, jaugez l’investissement et l’effort que vous devrez fournir.
  • Explorez toutes vos compétentes pour mener l’action à bien. Soyez lucide quant à vos compétences.
  • Si les bénéfices sont absents et/ou l’effort énorme, cherchez une ou deux motivations relais pour compenser l’absence de motivation première (c’est ce que je fais pour me lever à 6 h !).
  • Elargissez votre zone de confort en banalisant certains risques.
  • Soyez enthousiaste et dans une relation gagnant/gagnant.
  • Ayez le désir d’y parvenir, cheville au corps.
  • Quand votre motivation est au rendez-vous… foncez !

Vous doutez encore ! Alors prenez connaissance de deux citations de Denis Diderot. Je suis persuadée qu’elles éclaireront votre lanterne et vous mèneront sur le chemin de la motivation :

«On dit que le désir naît de la volonté.
C’‘est le contraire, c’est du désir que naît la volonté.»
«Il faut être enthousiaste de son métier pour y exceller.»

Tout est dit !

Josette Dubost
Membre fondateur – Expert métier FFMAS

(1)
Génération silencieuse (née entre 1901 et 1944),
Génération des baby-boomers (née entre 1945 et 1960),
Génération X (née entre 1961 et 1979),
Génération Y (née entre 1980 et 1994),
Génération Z (née depuis 1995).

Fermer le menu
Fermer