Le billet de Josette | La joie de vivre de Jeannine

Le billet de Josette | La joie de vivre de Jeannine

Ce lundi 11 janvier 2021 Jeannine Fripiat, 87 ans, a rejoint Roger le grand amour de sa vie. Comme elle était belle et radieuse protégée par lui ! De cette merveilleuse union sont nés Bernard et Laurent. A l’instar de leur mère, ils n’engendrent pas la mélancolie et ont tendrement et précautionneusement veillé sur elle jusqu’à son dernier souffle.

Cette triste annonce a modifié mon idée de billet de février. En effet Bernard*, très précieux ami, sait combien je suis attachée à tout ce qui touche de près ou de loin au métier et m’a donc fait parvenir l’émouvant témoignage du fils de l’employeur de Jeannine. Je vous le livre tel que reçu :

«(…) J’en ai informé maman. Elle a été très surprise et émue. Je disais à Laurent qu’à la maison nous avions toujours vécu avec le nom de Madame Fripiat, parfaite secrétaire. Je me souviens qu’elle rappelait chaque année et discrètement à papa la date d’anniversaire de maman.

Je lui dois aussi beaucoup dans mes premières années au bureau. Elle m’a énormément appris et a grandement amélioré mon orthographe qui est cependant loin d’être parfaite mais je venais de très loin. Confidence, c’est elle qui avait obtenu ma première augmentation auprès de papa !

Ne dit-on pas que personne n’est irremplaçable et bien j’ai la preuve que si. Nous n’avons jamais retrouvé une personne aussi douée que Madame Fripiat pour maintenir les bonnes relations d’une équipe. Une grande Dame nous a quittés. (…)».

Je tenais à rendre hommage à Jeannine à travers ce billet, à la remercier d’avoir compris ce que signifiait s’engager dans le métier et d’avoir été «parfaite».

Je tenais aussi à vous remercier secrétaires/assistant(e)s, office managers, employé(e)s… qui veillez aux bonnes relations en cette complexe et déstabilisante période et à saluer votre puissant et indéfectible engagement journalier. Je clame, haut et fort, que sans vous, le monde administratif tournerait nettement moins bien, voire pas du tout !

Voilà pourquoi mon idée de billet a été chamboulée. J’ai instantanément réagi en me disant que c’était le moment d’aborder la joie de vivre.

Durant sa longue carrière professionnelle Jeannine a été d’une loyauté sans faille et a maintenu fermement la barre de son secrétariat par son énergique investissement. Elle a su insuffler une pointe d’humour pour dédramatiser les situations les plus tendues, a veillé au bien-être de chacun et a entretenu une ambiance légère et chaleureuse au sein de l’équipe. Elle était la joie de vivre incarnée et le pôle centralisateur vers lequel toutes les énergies positives convergeaient. Les gens venaient vers elle attirés par la petite flamme de gaieté qui l’animait constamment y compris, et surtout, dans les moments les plus pesants voire dramatiques. Elle ne savait pas qu’elle jouait le rôle de la chief happiness officer (CHO), fonction en pleine évolution de nos jours. A noter que sa ligne de conduite était identique dans sa vie familiale : la bonne humeur régnait en maître.

J’en veux pour preuve ces derniers instants passés au téléphone avec ses fils : «Des cosmonautes viennent de rentrer dans ma chambre. Mes soignants sont harnachés comme s’ils allaient sur la lune !». Avouez qu’il faut quand même une dose infinie d’humour, de cordialité et d’abnégation pour prononcer cette phrase en fin de vie ! Tout le personnel hospitalier l’adorait et la chouchoutait. Jeannine a récolté simplement ce qu’elle avait semé tout au long de sa vie : l’altruisme, la bienveillance et la joie de vivre.

«La joie de vivre n’est pas un but mais un devoir». J’ignore si cette citation de Louis Pauwels était connue de Jeannine mais, une chose est sûre, elle la pratiquait quotidiennement aussi je vous engage à emprunter ce même chemin pour en ressentir les bienfaits.

Osez afficher la joie de vivre dans votre fonction
et faites de 2021 une année remplie de petits bonheurs.

Certes ce que nous vivons est ardu et anxiogène. Il ne s’agit pas de tomber dans un optimisme béat faisant fi des réalités auxquelles nous sommes malheureusement tous confrontés mais simplement de vivre, du mieux possible, l’instant présent. Alors… soyez un(e) adepte d’Horace et pratiquez le «carpe diem». Osez dire que vous allez bien. Osez être heureux(se). Fuyez les grognons, les ronchons, les mal embouché(e)s, les pessimistes et tous les individus qui vous sapent le moral en 5 minutes chrono ! À ce sujet un petit proverbe dont l’origine est inconnue : «Si tu n’es pas responsable de la tête que tu as, tu es responsable de la gueule que tu fais» ! Ne vous laissez pas entraîner dans la spirale dévastatrice de la morosité ambiante. Osez être joyeux(se), sourire aux lèvres, gaieté au cœur et joie de vivre en bandoulière. Pour vous en convaincre :

  • Votre réveil n’a pas sonné ce matin et vous êtes en retard : quelle chance ! Vous êtes en vie !
  • Vous avez cassé le talon de votre chaussure (soulier pour les puristes) en courant : quelle chance ! Vous pouvez marcher et, en plus, courir !
  • Il n’y a plus votre marque préférée de jus de fruit : quelle chance ! Vous pouvez acheter du jus de fruit et, en prime, choisir !
  • Votre chef vous a vertement tancé(e) à la suite d’une erreur sur un dossier : quelle chance ! Vous travaillez !

«J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé» nous enseigne Voltaire alors ne vous laissez pas submerger par les tracasseries quotidiennes et transformez-les en actions positives. Reprenez ce fameux dossier sans culpabiliser (l’erreur est humaine) ni bougonner et sortez le travail remarquable dont vous êtes capable. Choisissez un autre jus de fruit : il y en a de délicieux inconnus de vous. Enfin, vivez intensément. Enthousiasmez-vous devant un bouquet de fleurs, un coucher de soleil, un enfant qui rit aux éclats, un(e) collègue qui annonce son mariage, votre armoire à fournitures enfin rangée,… Certes, cela peut sembler dérisoire mais ces infimes choses nous ressourcent. Imperceptiblement et durablement elles nous font du bien.

La joie de vivre c’est ici et maintenant. Prenez bien conscience que chaque minute est ultra précieuse. Ne la gâchez pas. Vos remèdes de bonne humeur sont inépuisables alors… puisez, puisez et vous verrez vos journées s’illuminer.

Devenez passeuse et passeur de joie car :

«La joie de vivre est une émotion contagieuse.»

Edward D. Wynot

Tout est dit !

Josette Dubost
Membre fondateur – Expert métier FFMAS

* Bernard Fripiat, agrégé d’histoire, auteur de nombreux ouvrages et pièces de théâtre, est coach/formateur certifié en orthographe et est le créateur, avec son épouse Nicky Ward, du site orthogaffe.com
Laurent est comédien et metteur en scène.

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